WELCOME

WELCOME
________James n'a jamais cru au coup de foudre. Il n'a jamais cru en l'amour tout court.
Parfois, sans qu'on s'en rende vraiment compte, une personne qui ne faisait que passer dans notre vie, prend soudain une place plus permanante que temporaire dans notre âme. Telle qu'on ne puisse plus jamais l'y rayer.


__________« Il n'y a pas d'amour sans peine, et pourtant, depuis l'aube du temps les gens s'aiment. »
Il n'y a pas d'amour sans peine, Salvatore Adamo

__________« A quoi reconnaît-on que l'on est amoureux ? C'est très simple. On est amoureux
__________quand on commence à agir contre son intérêt. »
L'Amour en fuite, François Truffaut.

# Posté le lundi 07 avril 2008 05:03

Modifié le mercredi 10 juin 2009 11:32

EDITORIAL

EDITORIAL
Chères lectrices, chers lecteurs,

Pour commencer, j'écris cette histoire pour moi, et pour les personnes qui voudront la lire. Je ne demande aucun nombre de commentaires minimum pour une suite ou pour être prévenu(e), car mes mises à jour suivront les fluctuations de mon imagination. De plus, je n'écris pas sous un critère de quantité. J'espère donner de la qualité à mon récit. Je ne me dit pas romancière professionnelle, juste écrivain passionnée. Les critiques, même railleuses, sont les bienvenues, en demandant tout de même un minimum de construction. Je fais des fautes de frappe, de construction, et d'orthographe. Je n'en ai pas honte. Si vous en voyez, n'hésitez pas à me le faire remarquer que je les corrige.

Il n'y aura pas de casting défini, afin de laisser votre esprit vagabonder, et imaginer à votre guise les traits de mes personnages.

Je vous souhaite une agréable lecture, en espérant vivement que tout cela vous plaise.

PS : Il y a une petite faute sur le premier montage, j'ai oublié un s à surprise... Par fénéantise je ne le corrigerais pas maintenant mais j'essayerais de le faire bientôt !

# Posté le mardi 26 mai 2009 11:50

Modifié le lundi 01 juin 2009 11:45

PROLOGUE

Une voiture noire filait dans les rues de la Grosse Pomme. Il n'y avait aucun embouteillages, ce qui étonna le passager. La berline s'arrêta devant un magnifique bâtiment avec des moulures. Le conducteur descendit et ouvrit la porte à son passager.

« Monsieur, vous êtes arrivé. »

Un homme d'une trentaine d'année sortit de la voiture et inspira profondément. Il portait un costume coupé sur mesure qui devait valoir une somme conséquente. Il monta les quelques marches et s'engouffra dans le portique tournant de l'entrée. Il salua d'un signe de tête le gars de la sécurité et monta à l'étage par les escaliers. Là se trouvait un espace ouvert, une cafétéria. Elle était vide. L'homme, plutôt sportif, continua son ascension deux étages plus haut. Il n'y avait toujours personne. Il entra dans son bureau, le seul de l'étage, et s'installa dans son fauteuil. C'était un fauteuil en cuir, très imposant. Il alluma son Mac Air, et pianota sans voir passer l'heure. Une femme d'un certain âge passa la tête par la porte.

« James, vous êtes matinal... »
« Je n'ai pas dormi à vrai dire...»
« Vous n'êtes pas sérieux. Mon Dieu ces cernes... Depuis combien de temps n'avez vous pas pris de vacances ?»
« Des années Annie, des années...»
« Mais prenez donc deux ou trois semaines de bons temps... Les ventes sont en hausse constantes, elles peuvent se passer de vous quelques semaines !»
« Annie, vous n'y pensez pas !»
« Si vous ne les prenez pas, je vous y envoie de force... Un pays chaud, ensoleillé... »
« Annie...»
« Je vais faire des recherches... Un endroit où se reposer... »

James voulut la rattraper mais elle était déjà repartie. Il chassa vite ces idées de vacances de son esprit et se concentra sur son travail. Sa journée s'écoula sans qu'il ne recroise son assistante Annie. Mais au moment de partir, il s'aperçut qu'une enveloppe était posée sur son bureau en chêne massif. Elle cachait un cadre où l'on pouvait voir James au côté d'un homme connu et reconnu à travers le monde entier, Barack Obama. James attrapa l'enveloppe brune et la décacheta. Il vida son contenu : un billet d'avion pour le soir même, son passeport, une carte postale d'une plage de sable blanc et un dépliant qui l'informait sur son hôtel. Il rassembla ses affaires et ce petit cadeau de son assistante et se précipita à la sortit de son bureau mais fut rapidement stoppé dans sa course. En effet, devant sa porte, se trouvait une valise sur laquelle était posée une enveloppe bleue où était inscrit le nom du jeune homme. Il s'empara de cette nouvelle enveloppe et regarda autour de lui. Annie semblait déjà être rentrée chez elle. Il tira la lettre et la déplia comme un enfant qui participe à une chasse au trésor.

James,
Votre majordome m'a donné vos quelques vêtements normaux pour vos vacances. Et aussi votre brosse à dents et votre passeport. Pas de rasoir. Pas d'ordinateur. Pas de boulot. Juste des vacances. Vous verrez, je vous ai choisi un hôtel très bien me semblait il. Très peu de chambres, le personnel que j'ai eu au téléphone était très sympathique. L'hôtel se situe près de la mer. J'espère que vous penserez à moi en dorant au soleil. Bon voyage à Caorle !
Annie.


Caorle ? Il sortit son billet d'avion... L'Italie. Il avait toujours eu envie de partir en Europe mais plutôt en France ou en Espagne, mais l'Italie, pourquoi pas !? Annie prenait soin de lui depuis longtemps... depuis qu'il l'avait embauché. Elle avait en quelques sortes pris la place de sa mère. La vraie mère de James était une femme compétente et ambitieuse mais trop vaniteuse et égoïste pour s'occuper réellement de son fils. James s'en satisfaisait pleinement. Il n'avait ni frère, ni s½ur, ni père. Il était orphelin depuis toujours, son père n'avait été qu'une aventure de passage. Un coup d'un soir, sans lendemain. Et James reproduisait un peu le même schéma. Le jeune homme n'avait jamais eut de relations sérieuses et ne croyait pas en Dieu ni en l'Amour.
S'il savait... si James avait la moindre idée de ce qu'y l'attendait à Caorle... Peut être ne partirait il pas...

# Posté le mercredi 27 mai 2009 06:35

Modifié le vendredi 19 juin 2009 10:59

CHAPITRE 1 : Les ailes du ciel.

CHAPITRE 1 : Les ailes du ciel.
James saisit la poigné et tira la valise derrière lui jusqu'à l'ascenseur. Il appuya sur le bouton et attendit patiemment. Arrivé au rez-de-chaussée, il sauta dans sa voiture et s'apprêta à dire au chauffeur de rentrer à la maison mais celui ci le devança.

« Madame Annie m'a expressément demandé de vous conduire à JFK. Et cela, même si vous vous y opposiez . »

James s'apprêta à objecter mais n'y fit finalement rien. Il se laissa conduire dans les rues de New York et s'amusa à compter les taxis – chose qu'il faisait lorsqu'il était petit, le matin en se rendant à l'école. Ils mirent une trentaine de minutes pour rejoindre l'aéroport. James descendit avec sa petite valise et n'eut pas le temps de se retourner que la voiture était déjà partie. Il soupira devant le fait accompli. Il se résigna à pénétrer dans le hall, cherchant du regard un tableau d'affichage. Son avion semblait partir dans une petite heure. Il partit enregistrer sa valise. Il s'acheta un magazine économique, un livre, une tablette de chocolat et s'assit sur un de ces inconfortables fauteuils. L'heure tournait et l'heure d'embarquer approchait. James s'impatientait, tout cela était absolument classé hors de ses plans, hors de sa routine de trentenaire libertin. Alors qu'il allait passer le sas d'embarquement, il entendit son nom à l'autre bout du couloir.

« Annie ? Vous êtes venue ? »
« Je voulais envoyer mon humanoïde mais j'ai pensé que de venir en chair et en os serait un peu plus agréable pour vous »

James réprima un sourire mais ses yeux le trompaient. Ceux ci étaient noyés de tant d'amour. Annie s'approcha maternellement de lui et le serra dans ses bras. Elle aussi était très émue. Elle l'accompagna jusqu'à la porte et l'embrassa sur la joue. Elle retint poliment ses larmes mais le c½ur y était franchement.

« Merci Annie, pour tout, merci. »
« Profitez bien car à votre retour il faudra reprendre le travail ! »

Il la salua encore une fois derrière les baies vitrées puis s'engouffra dans le bras articulé pour rejoindre son siège en classe affaire. Il avait la belle vie : Champagne, Château Margaux de la cuvée de 2003, petits fours... ça ne changeait pas vraiment d'ordinaire et James appréciait ce style de vie. Il feuilleta son magazine récemment acheté puis dégusta du caviar. Ce long courrier reliait New York à Venise. Là bas, James serait accueilli par un personnel de l'hôtel où il logerait pendant deux semaines. En quelques heures, le jeune homme avait déjà oublié ses affaires. Il s'endormit tranquillement et confortablement dans son siège et ne se réveilla qu'au dessus de la méditerranée. L'avion n'allait pas tarder à atterrir.
L'engin déploya ses roues et heurta naturellement la piste. Les passagers débarquèrent. Ce vol était le seul à rejoindre New York et Venise, c'était le plus gros avion présent sur le bitume. James s'attarda, regardant le grand oiseau de fer. Un autre passager le bouscula, cela eut effet immédiat de le faire revenir sur terre. James déambula pour rechercher sa valise qui arriva sur le tapis roulant comme toutes les autres valises; elle était la plus petite. Il la saisit d'une main et tourna le dos à l'aéroport. Dans le hall, rien de plus stéréotypé... un homme à l'allure latine tenait une pancarte où était écrit : James Lovatt. C'était lui. Il s'approcha un peu gauche par le décalage horaire.

« Monsieur Lovatt ? Je suis Ferdinando Di Monzo. J'espère que vous avez fait bon voyage ! »
« Votre anglais est remarquable Monsieur Di Monzo. »
« Vous pouvez m'appeler Ferdinando. Notre patronne souhaite que soyont polyglotte, elle trouve que cela est plus accueillant et plus rassurant pour les clients. Elle parle elle même six langues... Suivez moi, nous allons rejoindre la navette. »

James suivit Ferdinando, cet homme lui inspirait confiance naturellement. Ils marchèrent peu de temps jusqu'à se retrouver dans un petit port. Ils montèrent sur un petit bateau haute gamme. Quelques autres passagers étaient çà et là. Un magnifique petit pont occupait principalement l'espace. Il faisait doux et James s'installa sur un des canapés blancs cassés. Un superbe parquet recouvrait le sol. Ferdinando s'assit à côté de lui et huma l'air.

« C'est toujours moi qui chercher les clients de l'hôtel, j'adore l'air de la mer. »
« Même avec le décalage horaire, je trouve cet endroit très agréable. Et ce coucher de soleil est ... inqualifiable. »

Un artifice de couleurs éclatait dans le ciel et sur les maisons de Venise au loin. James ne sentit pas ses yeux se fermer. Il s'endormit comme un enfant. Ferdinando souriait. Il profitait de ce moment pour lequel il n'échangerait rien au monde. De plus son nouveau client le faisait rire, le décalage horaire perturbait vraiment son horloge interne... Ces couleurs annonçaient le lever du soleil et non son coucher... Ce client plutôt sympathique annonçait bien des aventures.

# Posté le vendredi 05 juin 2009 13:32

Modifié le vendredi 26 juin 2009 11:22

CHAPITRE 2 : Le décalage horaire.

CHAPITRE 2 : Le décalage horaire.
Ferdinando réveilla doucement James. Les autres passagers étaient en train de descendre du bateau par une petite passerelle. Le soleil ébloui James qui dû porter sa main à ses yeux. Il lui fallu quelques minutes pour retrouver une vue normale.

« Je croyais qu'on était le soir... »
« Le décalage horaire vous a joué un drôle de tour monsieur Lovatt ! Je vais vous conduire à l'hôtel, vous pourrez vous reposer .»

James se leva et sentit une douleur dans la nuque, il avait mal dormi malgré le douillet de ce canapé. Il se massa rapidement l'arrière de la tête et passa une main dans ses cheveux pour les ébouriffer. Il suivit Ferdinando sur le port. Celui ci s'arrêta devant une voiture de golf et y déposa la valisette à l'arrière. Il invita James à s'asseoir à ses côté et mis le contact. La voiturette démarra et s'inséra sur la voie. Il y avait très peu de circulation, seul quelques piétons occupaient l'espace.

« Quelle heure est il ? »
« Il est bientôt neuf heures du matin...»

James s'enfonça dans la banquette. Il ne pensait pas que le décalage le perturberait autant que ça. Son ventre objecta et il se rappela qu'il avait faim. Ferdinando salua quelques personnes sur le chemin et se gara devant un beau bâtiment qui paraissait avoir toujours été là. Le style victorien de l'énorme villa se reflétait dans les poutres et les colonnes blanche qui soutenaient le porche. Il semblait y avoir plusieurs étages, peut être six, peut être moins. La bâtisse était haute et un peu bancale, ce qui lui donnait beaucoup de charme. Ferdinando descendit de la voiture et attrapa la valise de James qui le suivait. Ils montèrent quelques marches pour se retrouver sous le porche terrasse avec quelques fauteuils hamacs et des canapés plus confortables les uns que les autres. Ils continuèrent et pénétrèrent dans le bâtiment. Les deux hommes se trouvaient dans un hall accueillant et chaleureux, où il y avait encore des canapés. Un comptoir très ancien en chêne s'élevait près de l'entrée et un ascenseur chic mais discret occupait le fond de la salle. La lumière naturelle de la végétation environnante illuminait toute la pièce, aussi grande qu'elle était. Ferdinando s'approcha du comptoir et une femme apparut. Elle était souriante et tout aussi accueillante que le lieu lui même.

« Monsieur Lovatt, je suis heureuse de vous rencontrer, je suis Maria Alvaro. Madame Annie m'a dit qu'il vous fallait du repos, beaucoup de repos. Je vous ai donc réservé une chambre calme. Tenez, voici la clé. C'est au dernier étage, vous pourrez emprunter l'ascenseur ou bien l'escalier juste à gauche. Les repas peuvent être pris à tout moment de la journée, quand vous le souhaitez. Le personnel est à votre disposition vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Votre valise va être portée dans votre chambre. Je vous propose de me suivre, je vais vous conduire sur la terrasse pour prendre un petit déjeuner. »
« Je vous remercie pour votre gentillesse mais je préfèrerais prendre mon petit déjeuner dans ma chambre. »
« Très bien, je vous y conduis. »

James haussa les épaules et suivit la femme à travers le hall. Au passage, elle lui indiqua que par la porte bleue, il pouvait rejoindre la piscine intérieure, les salles de massages et le hammam qui se trouvaient au sous sol. Elle appuya sur le bouton appelant l'ascenseur. Celui ci commença son ascension à travers les étages. Maria ouvrit la porte de la luxueuse chambre, elle fit le tour avec James et ne manqua pas de lui dire qu'au moindre problème il n'hésite pas à l'interpeller, elle ou même un autre salarié. Un serveur vint lui apporter un petit déjeuner de roi. Après avoir fini de manger. Il laissa tomber tous ses vêtements et pénétra dans la douche. Le décalage horaire coula dans l'évacuateur d'eau de la douche à l'italienne. James s'enroula dans une serviette moelleuse et douce et sauta sur le lit. Il s'endormit une nouvelle fois. Lorsqu'il se réveilla, il consulta son palm, celui ci était déchargé. Il saisit son téléphone portable, l'heure s'était mise toute seule sur le bon fuseau horaire. Il était 5 heures et demi, du matin. James avait dormi 19 heures. Il n'avait jamais passé de nuit aussi longue et aussi reposante, à présent, il était en pleine forme. Une envie foudroyante d'un café brulant vint lui titillé l'esprit. Il ouvrit sa petite valise et constata tristement qu'il n'y avait que deux shorts et quelques T-shirts. Tous ces vêtements étaient neufs, James ne les avaient jamais mis. Il les avait acheté à l'occasion de Garden parties auxquelles il n'avait jamais assisté pour cause de travail. Il mit un des caleçons qu'Annie avait fait mettre dans la valise puis il sortit un short en lin de couleur terre. Il l'enfila ainsi qu'un Polo à la marque du crocodile. Il emporta ses lunettes de soleil même si ce dernier n'était pas encore levé et sortit de la chambre. Il descendit les quatre étages par l'escalier. Dans le hall presque vide, il interpella un serveur qui passait par là pour qu'il lui indique le chemin de la plage. James se promena le long des plages privées et alla même mettre les pieds dans l'eau. Elle était fraiche mais agréable. James inspira à fond l'air iodé et repartir doucement sur le sable fin. Le soleil commençait seulement à pointer son nez et l'air était vraiment plaisant. James était seul sur des kilomètres de rivage.
Un chien frôla les jambes de James à une vitesse incroyable. Le jeune homme suivit la course du chien sur le sable. Une femme plutôt jeune, passa à son tour près de lui, faisant son jogging sur la jetée, dans le chemin du chien. Elle portait un mini short blanc et elle aussi un Polo blanc mais d'une autre marque que celui de James. Ses cheveux étaient relevés en un chignon. Des écouteurs sur les oreilles, elle courrait d'une manière très régulière, adaptant ses foulées au rythme de la musique. Dès que la jeune femme disparut au loin, James se détourna et décida de retourner à l'hôtel pour prendre son petit déjeuner. Il mit du temps à retrouver l'hôtel mais arriva finalement à bon port. Il aperçut Ferdinando.

« On vous croyait disparu ! Vous descendez enfin, serions nous désobligeant au point que vous vouliez nous fuir ? »
« J'ai dormi, beaucoup dormi... Où dois je aller pour prendre mon petit déjeuner ? »
« Vous choisissez le meilleur moment ! Venez sur la terrasse, suivez moi. D'ici, vous pourrez voir un petit bout de mer... C'est mon endroit préféré. Tenez la carte des petits déjeuners ! Vous avez le petit déjeuner à la française avec des viennoiseries... à l'anglaise, à la l'allemande... Enfin, je vous laisse regarder et je vous envoie un serveur. »
« Merci... »

Ferdinando s'éloigna et un serveur vint pour prendre la commande de James. Celui ci choisit un petit déjeuner à la française... C'était avec un regard plein de gourmandise que Ferdinando en avait parlé. Le soleil illuminait déjà le ciel, même à cette heure matinale et la température était déjà bien haute mais restait pour le moment agréable. Lorsque le serveur lui apporta son petit déjeuner, un aboiement se fit entendre dans le hall. Il continua jusque sur la terrasse et un chien apparut derrière le serveur. Un beau golden retriever couleur caramel faisait à présent les yeux doux pour lui aussi, avoir un petit déjeuner. James reconnu immédiatement le chien de la plage.

« Twist je ne te donnerai rien ! Je suis désolé Mr. Lovatt pour le dérangement, je vais tout de suite le faire partir. »

Il déposa le petit déjeuner sur la table basse devant James puis, poussa le chien vers le hall. Le chien n'était pas tout à fait du même avis que le jeune homme et opposait un fort mécontentement en se mettant assis et en ne bougeant plus. On entendit le serveur lui parler, et même de la terrasse.

« Twist, Mr. Lovatt est un client différent des autres, c'est la première fois qu'il vient. Tu ne peux pas te comporter avec lui comme avec les Walker ou les Heinse. Maintenant si tu as faim, viens avec moi dans la cuisine, et je te donnerai quelque chose. »

Le chien aboya et suivit le serveur derrière une petite porte de service. James avait suivi toute la scène. Lui, un client spécial ? Cela aurait pu lui plaire, mais aujourd'hui, un nouveau souffle le prenait : il aimerait être comme tout le monde. Ras le bol des petits plats dans les grands. Il était peut être né une cuillère en or dans la bouche, il avait du faire son chemin tout seul. Il avait monté son entreprise et son empire seul, sans l'aide de sa mère, ni de personne d'autre d'ailleurs. Ferdinando réapparut sur la terrasse.

« Ferdinando, excusez moi mais... »
« Nous vous prions d'accepter nos excuses pour le dérangement ... »
« Cela ne m'a pas du tout dérangé ! D'ailleurs, j'avais déjà croisé ce chien ce matin, à la plage. J'ai une question à vous posez. »
« Je suis là pour y répondre. »
« Où sont les autres clients de l'hôtel ? »
« C'est une excellente question ! Aujourd'hui la famille Connors est partie à Venise. Les Walker ne devraient plus tarder à se lever. Et il y a aussi Tessa et John, nos jeunes mariés, ils sont partis faire un tennis il me semble, pourquoi vouliez vous savoir cela ? »
« Je n'en ai croisé aucun depuis mon arrivé et je trouvai cela étrange, de plus l'endroit est très calme il n'y a pas beaucoup de bruit... J'ai une autre petite question : l'hôtel compte combien de chambre au total ? »
« Il y a quatre suites familiales, de deux chambres chacune et huit autres suites normales. Encore des questions ? »
« Une dernière, oui. Vous voulez quelques viennoiseries ? »

Ferdinando fût agréablement surpris. James semblait être un client difficile et exigent, comme ceux qu'ils ont quelques fois et qui semblent s'être trompés de ville entre Caorle et Venise. James lui fit une place sur le canapé et Ferdinando s'y assit. L'homme, qui avait changé d'expression de visage, lui tendait l'assiette de viennoiseries.

« J'avais du mal à croire Madame Annie quand elle me parlait de vous, mais maintenant je comprend. »
« Mais vous connaissez bien Annie ? »
« Elle vient ici une fois par an depuis l'ouverture, elle a participé à la restauration du comptoir. Elle nous aide en cuisine... C'est une femme d'exception. Elle nous parle souvent de vous. Elle nous dit tout le temps que sans vous , elle ne pourrait pas venir ici, qu'elle n'aurait pas les moyens. Mais elle sait que notre patronne la ferait venir à ses frais si elle ne pouvait plus payer. »
« Est ce si cher que ça ? »
« Nous avons cinq étoiles. Nos prestations sont très diverses : nous accueillons des familles, des jeunes mariés, des célibataires, mais aussi des personnes malades et dépendantes. Par exemple, le jeune couple marié dont je vous ai parlé, ils se sont rencontrés ici, lors de leur désintoxication mais aujourd'hui, ils sont là pour toute autre chose. Nous avons des psychiatres, des médecins à disposition à toutes heures de la journée et de la nuit. »
« C'est très impressionnant. »

Il y eut de nouveau un aboiement et le golden retriever était de nouveau là. Il penchait la tête en direction des pâtisseries à côté de James. Ferdinando s'apprêtait à le faire partir quand James intervint.

« Laissez le, il n'est pas méchant si ? »
« Très envahissant serait le mot le plus juste pour cette crapule. »
« Hey, tu veux un croissant ? »

Il lui lança un croissant que le chien attrapa au vol. Il sembla même le remercier en secouant la tête. Il aboya encore une fois et il dévala les escaliers de la terrasse en teck pour courir dans le jardin. James rigola en le voyant déraper. Ca faisait longtemps, bien longtemps que James n'avait pas ri.

# Posté le samedi 06 juin 2009 06:27

Modifié le vendredi 26 juin 2009 11:23