CHAPITRE 3 : Une simple histoire de sourire.

CHAPITRE 3 : Une simple histoire de sourire.
Ferdinando souriait, il observait James qui jouait sur la pelouse verte et moelleuse avec Twist. Le jeune homme lui envoyait une balle de tennis que le chien attrapait au vol. James passait plus de temps à lui courir après qu'à lui lancer la balle. Après une bonne demi heure de chamailleries, le chien partit en courant vers l'intérieur de l'hôtel. Il manqua de tomber dans les escaliers de la terrasse et dérapa sur le carrelage du hall. James se retrouvait seul au milieu du jardin, la balle à ses pieds.

« Twist.. ! Allez, reviens... promis, je te laisse la balle... Twist ! »

James soupira et regarda vers la terrasse mais Ferdinando n'était plus là, il avait probablement autre chose à faire. James se renfrogna et décida de partir sur les traces de son nouvel ami, Twist. Il grimpa les quelques marches en teck de la terrasse et trottina jusqu'au hall. Au milieu de celui ci, se trouvait un étrange spectacle. Quelques serveurs observaient curieusement et amusés le tableau qui se présentait à eux. Une petite fille blonde montrait des pas de danse à une jeune femme. La femme en question n'était autre que la joggeuse de la plage, mais James ne le remarqua pas tout de suite. La petite fille était très concentrée et expliquait méthodiquement les gestes à faire. La jeune femme rigolait car elle n'arrivait pas à reproduire les indications que la petite lui donnait.

« Mary va doucement, je ne suis plus rien... »
« Mais je t'ai déjà montré... Pop it, Lock it, Polka-dot it... Et ce n'est que le début, tu n'arriveras jamais à faire la chorégraphie en entier... »
« Merci de dire que je ne suis pas douée ! »
« C'est pas de ma faute si tu as deux pieds gauches... »

La petite fille haussa les épaules et partit sautillant et chantonnant vers le jardin. Elle passa près de James.

« Tu vas voir si j'ai deux pieds gauches ! »

La jeune femme lançait sa menace en riant. Les serveurs l'applaudirent discrètement et elle les regarda amicalement, penchant la tête sur le côté. Les spectateurs se dissipèrent et la jeune femme se retrouva face à James.

« Salut ! »

Elle s'approcha un peu plus et l'observa. Elle souri dévoilant ainsi l'alignement presque parfait de ses dents.

« Vous devez être James Lovatt. Annie m'a souvent parlé de vous. Je vous voyais plus grand. »
« Annie parle de moi à beaucoup de gens, je vais finir par croire que je suis important... »
« Vous l'êtes pour elle. »
« Et elle l'est pour moi. »
« J'ai été ravie de faire votre connaissance monsieur Lovatt, ce fût très plaisant. Vous m'excusez mais je dois retrouver mon professeur de danse miniature sur la plage. »

Elle souri à nouveau et contourna James. Elle traversa la terrasse, descendit les marches et couru à travers le jardin, puis elle disparue derrière les palmiers et les arbres en fleur. Elle sentait son c½ur battre comme il ne l'avait plus fait depuis longtemps. Elle le sentait envoyer le sang partout dans son corps. Lorsqu'elle atteignit le sable, elle regarda autour d'elle. La petite fille n'était pas là, il n'y avait qu'un couple de personnes âgées vers qui elle se précipita. Ils ne semblaient pas italiens et elle les entendit parler français.

« Excusez moi, vous n'auriez pas vu une petite fille blonde avec une robe blanche ? »
« Elle est juste derrière vous. »
« Je vous remercie. Bonne journée ! »

Elle se retourna, laissant le couple continuer sa promenade. La petite fille avait les mains sur les hanches et semblait vexée.

« C'est pas gentil de se moquer des gens parce qu'ils sont petits. Ta maman, elle ne te l'a jamais dit !? »
« Je ne faisais pas semblant Mary, je ne t'ai vraiment pas vu. Je te le promets. »
« Je te crois, parce que tu dis toujours la vérité. Mais tu devrais t'acheter des lunettes. »
« Merci du conseil ! Tu veux aller faire du tennis ? »

La petite fille avait retrouvé le sourire et hochait la tête en signe d'accord à cette proposition. Elle fit un bond en avant et s'accrocha à la main de la jeune femme. Elles commencèrent à marcher doucement sur le sable fin en direction des terrains de tennis.

« Il n'y a pas beaucoup d'enfants à l'hôtel, tu dois t'ennuyer quand je ne suis pas là... »
« Bien sûr que je m'ennuie quand tu n'es pas là, mais j'ai tellement de chose à faire alors, que ça m'occupe. Et puis parfois, il y a Ulrick et Anja. Et quand vous êtes là les trois en même temps, c'est encore mieux. »
« Je t'ai entendu parler une autre langue, c'était laquelle ? »
« C'était du français. »
« C'était joli. Tu m'apprendras ? »
« Si tu en as envie, oui. »

Mary serra un peu plus encore la main de la jeune femme et elles continuèrent leur route. A quelques centaines de mètres, dans le hall de l'hôtel, James n'avait pas bougé. Il retrouva ses esprits et se rendit à l'accueil. Il appuya amusé sur la petite sonnette qui était authentique. Maria, la femme qui l'avait accueilli le premier jour apparue.

« Monsieur Lovatt, que puis je faire pour vous ? »
« Possédez vous une ligne téléphonique internationale ?J'aimerai appeler mon assistante, Annie. Je crois que vous la connaissez, non ? »
« Suivez moi dans la loge. »

Il s'exécuta, remercia Maria de sa gentillesse et celle ci disparut le laissant seul face au combiné. Il saisit l'appareil et composa un numéro. Il semblait le connaître par c½ur. ...1 914 944 9500... La connexion fut rapide et les tonalités commencèrent. On décrocha à l'autre bout de la ligne.

« Bureau de James Lovatt, Annie Burke, en quoi puis je vous être utile ? »
« Annie... J'appelle chez vous là... »
« Oups... Vous savez, il est deux heures du matin à New York alors... »
« Désolé de vous avoir réveillé... Je vais vous laisser vous rendormir. Encore désolé du dérangement ! »
« James ! Ne raccrochez pas ! J'accepte de vous écouter, il est inhabituel que vous vous excusiez d'avoir dérangé. Quel temps fait il à Caorle ? Vous ne vous ennuyez pas trop ? »
« Il fait un temps magnifique ! Vous devriez voir ce soleil ! Pourquoi vous ne m'avez jamais dit où vous partiez en vacances ? »
« Parce que vous n'écoutiez pas... Je vous ai déjà raconté mes vacances des dizaines de fois, parlé de Maria, Ferdinando, de Mary Walker, des enfants Heinse, de Caroline... Sauf que vous n'aviez pas l'esprit à entendre. »
« Je vous prie de m'excusez... »
« Mais que vous ont ils donné, vous voilà tout à coup changé... »
« Je ne sais pas, mais je me sens différent... Je me sens bien. Merci de m'avoir écouté, je vous laisse à Morphée, encore navré... »

Il raccrocha. Dans la pénombre d'une chambre New Yorkaise, une femme s'endormait le sourire aux lèvres.

# Posté le vendredi 26 juin 2009 10:43

Modifié le vendredi 26 juin 2009 11:23