« Monsieur, vous êtes arrivé. »
Un homme d'une trentaine d'année sortit de la voiture et inspira profondément. Il portait un costume coupé sur mesure qui devait valoir une somme conséquente. Il monta les quelques marches et s'engouffra dans le portique tournant de l'entrée. Il salua d'un signe de tête le gars de la sécurité et monta à l'étage par les escaliers. Là se trouvait un espace ouvert, une cafétéria. Elle était vide. L'homme, plutôt sportif, continua son ascension deux étages plus haut. Il n'y avait toujours personne. Il entra dans son bureau, le seul de l'étage, et s'installa dans son fauteuil. C'était un fauteuil en cuir, très imposant. Il alluma son Mac Air, et pianota sans voir passer l'heure. Une femme d'un certain âge passa la tête par la porte.
« James, vous êtes matinal... »
« Je n'ai pas dormi à vrai dire...»
« Vous n'êtes pas sérieux. Mon Dieu ces cernes... Depuis combien de temps n'avez vous pas pris de vacances ?»
« Des années Annie, des années...»
« Mais prenez donc deux ou trois semaines de bons temps... Les ventes sont en hausse constantes, elles peuvent se passer de vous quelques semaines !»
« Annie, vous n'y pensez pas !»
« Si vous ne les prenez pas, je vous y envoie de force... Un pays chaud, ensoleillé... »
« Annie...»
« Je vais faire des recherches... Un endroit où se reposer... »
James voulut la rattraper mais elle était déjà repartie. Il chassa vite ces idées de vacances de son esprit et se concentra sur son travail. Sa journée s'écoula sans qu'il ne recroise son assistante Annie. Mais au moment de partir, il s'aperçut qu'une enveloppe était posée sur son bureau en chêne massif. Elle cachait un cadre où l'on pouvait voir James au côté d'un homme connu et reconnu à travers le monde entier, Barack Obama. James attrapa l'enveloppe brune et la décacheta. Il vida son contenu : un billet d'avion pour le soir même, son passeport, une carte postale d'une plage de sable blanc et un dépliant qui l'informait sur son hôtel. Il rassembla ses affaires et ce petit cadeau de son assistante et se précipita à la sortit de son bureau mais fut rapidement stoppé dans sa course. En effet, devant sa porte, se trouvait une valise sur laquelle était posée une enveloppe bleue où était inscrit le nom du jeune homme. Il s'empara de cette nouvelle enveloppe et regarda autour de lui. Annie semblait déjà être rentrée chez elle. Il tira la lettre et la déplia comme un enfant qui participe à une chasse au trésor.
James,
Votre majordome m'a donné vos quelques vêtements normaux pour vos vacances. Et aussi votre brosse à dents et votre passeport. Pas de rasoir. Pas d'ordinateur. Pas de boulot. Juste des vacances. Vous verrez, je vous ai choisi un hôtel très bien me semblait il. Très peu de chambres, le personnel que j'ai eu au téléphone était très sympathique. L'hôtel se situe près de la mer. J'espère que vous penserez à moi en dorant au soleil. Bon voyage à Caorle !
Annie.
Caorle ? Il sortit son billet d'avion... L'Italie. Il avait toujours eu envie de partir en Europe mais plutôt en France ou en Espagne, mais l'Italie, pourquoi pas !? Annie prenait soin de lui depuis longtemps... depuis qu'il l'avait embauché. Elle avait en quelques sortes pris la place de sa mère. La vraie mère de James était une femme compétente et ambitieuse mais trop vaniteuse et égoïste pour s'occuper réellement de son fils. James s'en satisfaisait pleinement. Il n'avait ni frère, ni s½ur, ni père. Il était orphelin depuis toujours, son père n'avait été qu'une aventure de passage. Un coup d'un soir, sans lendemain. Et James reproduisait un peu le même schéma. Le jeune homme n'avait jamais eut de relations sérieuses et ne croyait pas en Dieu ni en l'Amour.
S'il savait... si James avait la moindre idée de ce qu'y l'attendait à Caorle... Peut être ne partirait il pas...