« Retour au blog de missmiller

CHAPITRE 1 : Les ailes du ciel.

CHAPITRE 1 : Les ailes du ciel.
James saisit la poigné et tira la valise derrière lui jusqu'à l'ascenseur. Il appuya sur le bouton et attendit patiemment. Arrivé au rez-de-chaussée, il sauta dans sa voiture et s'apprêta à dire au chauffeur de rentrer à la maison mais celui ci le devança.

« Madame Annie m'a expressément demandé de vous conduire à JFK. Et cela, même si vous vous y opposiez . »

James s'apprêta à objecter mais n'y fit finalement rien. Il se laissa conduire dans les rues de New York et s'amusa à compter les taxis – chose qu'il faisait lorsqu'il était petit, le matin en se rendant à l'école. Ils mirent une trentaine de minutes pour rejoindre l'aéroport. James descendit avec sa petite valise et n'eut pas le temps de se retourner que la voiture était déjà partie. Il soupira devant le fait accompli. Il se résigna à pénétrer dans le hall, cherchant du regard un tableau d'affichage. Son avion semblait partir dans une petite heure. Il partit enregistrer sa valise. Il s'acheta un magazine économique, un livre, une tablette de chocolat et s'assit sur un de ces inconfortables fauteuils. L'heure tournait et l'heure d'embarquer approchait. James s'impatientait, tout cela était absolument classé hors de ses plans, hors de sa routine de trentenaire libertin. Alors qu'il allait passer le sas d'embarquement, il entendit son nom à l'autre bout du couloir.

« Annie ? Vous êtes venue ? »
« Je voulais envoyer mon humanoïde mais j'ai pensé que de venir en chair et en os serait un peu plus agréable pour vous »

James réprima un sourire mais ses yeux le trompaient. Ceux ci étaient noyés de tant d'amour. Annie s'approcha maternellement de lui et le serra dans ses bras. Elle aussi était très émue. Elle l'accompagna jusqu'à la porte et l'embrassa sur la joue. Elle retint poliment ses larmes mais le c½ur y était franchement.

« Merci Annie, pour tout, merci. »
« Profitez bien car à votre retour il faudra reprendre le travail ! »

Il la salua encore une fois derrière les baies vitrées puis s'engouffra dans le bras articulé pour rejoindre son siège en classe affaire. Il avait la belle vie : Champagne, Château Margaux de la cuvée de 2003, petits fours... ça ne changeait pas vraiment d'ordinaire et James appréciait ce style de vie. Il feuilleta son magazine récemment acheté puis dégusta du caviar. Ce long courrier reliait New York à Venise. Là bas, James serait accueilli par un personnel de l'hôtel où il logerait pendant deux semaines. En quelques heures, le jeune homme avait déjà oublié ses affaires. Il s'endormit tranquillement et confortablement dans son siège et ne se réveilla qu'au dessus de la méditerranée. L'avion n'allait pas tarder à atterrir.
L'engin déploya ses roues et heurta naturellement la piste. Les passagers débarquèrent. Ce vol était le seul à rejoindre New York et Venise, c'était le plus gros avion présent sur le bitume. James s'attarda, regardant le grand oiseau de fer. Un autre passager le bouscula, cela eut effet immédiat de le faire revenir sur terre. James déambula pour rechercher sa valise qui arriva sur le tapis roulant comme toutes les autres valises; elle était la plus petite. Il la saisit d'une main et tourna le dos à l'aéroport. Dans le hall, rien de plus stéréotypé... un homme à l'allure latine tenait une pancarte où était écrit : James Lovatt. C'était lui. Il s'approcha un peu gauche par le décalage horaire.

« Monsieur Lovatt ? Je suis Ferdinando Di Monzo. J'espère que vous avez fait bon voyage ! »
« Votre anglais est remarquable Monsieur Di Monzo. »
« Vous pouvez m'appeler Ferdinando. Notre patronne souhaite que soyont polyglotte, elle trouve que cela est plus accueillant et plus rassurant pour les clients. Elle parle elle même six langues... Suivez moi, nous allons rejoindre la navette. »

James suivit Ferdinando, cet homme lui inspirait confiance naturellement. Ils marchèrent peu de temps jusqu'à se retrouver dans un petit port. Ils montèrent sur un petit bateau haute gamme. Quelques autres passagers étaient çà et là. Un magnifique petit pont occupait principalement l'espace. Il faisait doux et James s'installa sur un des canapés blancs cassés. Un superbe parquet recouvrait le sol. Ferdinando s'assit à côté de lui et huma l'air.

« C'est toujours moi qui chercher les clients de l'hôtel, j'adore l'air de la mer. »
« Même avec le décalage horaire, je trouve cet endroit très agréable. Et ce coucher de soleil est ... inqualifiable. »

Un artifice de couleurs éclatait dans le ciel et sur les maisons de Venise au loin. James ne sentit pas ses yeux se fermer. Il s'endormit comme un enfant. Ferdinando souriait. Il profitait de ce moment pour lequel il n'échangerait rien au monde. De plus son nouveau client le faisait rire, le décalage horaire perturbait vraiment son horloge interne... Ces couleurs annonçaient le lever du soleil et non son coucher... Ce client plutôt sympathique annonçait bien des aventures.

# Posté le vendredi 05 juin 2009 13:32

Modifié le vendredi 26 juin 2009 11:22

« Article précédent : PROLOGUE

Article suivant : CHAPITRE 2 : Le décalage horaire. »